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Présentation rapport de minorité: caméras de la gare - CC du 6 novembre 2014


Présentation du rapport de minorité sur la Motion Jaggi-Wepf du 5 juin 2014 ("Elargir le champ des caméras de la gare à 360°") lors du Conseil Communal du 6 novembre 2014:

Le 5 juin 2014, 4 ans après la pose des premières caméras sur la place de la gare  le Conseil Communal acceptait le renvoi en commission pour étude de la motion de Mme Valérie Jaggi Wepf « pour que les caméras de la gare agissent sur 360° ». L’idée était simplement de permettre aux caméras, dont l’angle de couverture est actuellement limité à 180° en direction de la gare), de pivoter vers la zone du jardin japonais, voire des deux parkings de la Place d’Armes.
Je citerai ici une prise de parole lors du débat  du 5 juin : « ce que je souhaite, c’est que la question soit étudiée par une commission. Je demande que la Municipalité tout d’abord fasse un rapport complet, détaillé sur l’utilisation de ces caméras, pas juste quelques chiffres invérifiables et sortis d’on ne sait où ». « En clair je souhaite que cette motion soit renvoyée à [une] commission dotée de tous les éléments et je souhaite que le débat nécessaire s’oriente sur ce point ». Vous entendez bien chers collègues, sur ce point, c’est à dire sur un rapport, sur des chiffres, sur une véritable analyse.

Le président de la commission de gestion a ajouté : « (…) je pense que l’étude par une commission permettrait d’avoir une vision plus large que les 180° degrés actuels. » Eh bien, je pense qu’en l’état, et au vu des éléments fournis par la délégation municipale lors de la séance de commission, notre vision du sujet ne doit pas avoir dépassé les 190°…

Le premier aspect sur lequel j’aimerais venir est justement l’absence de données fiables que la commission a eu a disposition. La délégation municipale est venue avec quelques vagues chiffres donnés oralement : résolution d’une dizaine de cas, dont deux cas d’agression après retrait au bancomat… et c’est tout ? Quel type d’infraction cela recouvre-t-il ? Sur quelle période  précise ? A quel moment ? Y a-t-il un effet sur le nombre d’infractions commises dans et en dehors du périmètre de la gare par rapport à avant la pose des caméras ? Un déplacement de la criminalité ? Rien. Juste quelques informations orales, alors que le but d’une commission est de disposer d’éléments fiables pour pouvoir débattre du sujet.

Plus techniquement, il est certes peu coûteux de débloquer ces caméras. Mais que permettront-elles de faire en plus qu’actuellement ? Le rapport de majorité soutient qu’elles couvriraient la place d’Armes et le Parc japonais. Le simple fait de se rendre sur place permet de se rendre compte que c’est en grande partie faux ; à moins de démolir le bâtiment abritant le kiosque « Relay » – ce qui ne me dérangerait pas plus que cela – et d’arracher les deux rangées d’arbres qui nous séparent du Jardin japonais – ce qui m’embêterait beaucoup plus, ce déblocage n’aura aucun impact. Car les caméras sont trop éloignées pour être réellement efficaces. Nous en revenons donc à l’impossibilité même d’une réflexion en profondeur sur le sujet de la motion.

Et cet élément m’amène au second aspect que je voudrais aborder ici. Car il est évident – et cela a été confirmé par la délégation municipale – que le déblocage des caméras priverait une partie de la place de la gare de la couverture souhaitée par la population en 2009 ; que des caméras puissent pivoter sur 360° ne signifie pas qu’elles peuvent filmer simultanément sur un tel angle. Et c’est là que cette motion comme elle a été traitée est pernicieuse. Car, si nous perdons une partie de la couverture vidéo sur la place de la gare, je nous vois fort bien revenir sur le sujet dans peu de temps et proposer, puisque les caméras ne peuvent couvrir les deux zones simultanément, d’en rajouter ! Et c’est en cela que cette motion est une extension déguisée et prévisible du réseau de caméras ; et que par manque de données, la commission n’a pas pu correctement réfléchir sur le sujet, puisqu’elle n’a pas eu d’informations adéquates, et que sa majorité n’en a d’ailleurs pas souhaité.

Les caméras de vidéosurveillance, et plus généralement, la sécurité ou l’insécurité sont des thèmes extrêmement importants pour tout un chacun. Pourtant, notre tâche est de lutter contre l’insécurité, pas seulement de résoudre un sentiment d’insécurité.

J’estime également que l’acceptation de cette motion par principe, tout comme un abstentionnisme frileux, seraient regrettables pour un thème si important, et j’ose espérer que la décision que nous prendrons ce soir ne sera pas guidée par les échéances électorales à venir… espérons !

Oui les caméras peuvent être un outil utile pour la police. Mais rien ne dit, puisque nous ne disposons pas de chiffres, qu’elles serviront à prévenir les infractions. Car si elles permettent de résoudre certains cas, elles repoussent la criminalité en dehors de leur champ d’action, ce qui a d’ailleurs été démontré en commission. De plus, la sécurité ne se mesure pas seulement à la force de la répression, mais d’abord à la qualité de la prévention.

Ce que je demande ici, c’est d’abord une véritable analyse de la part des forces de police et de justice. Ensuite seulement nous pourrons vraiment entreprendre une discussion sur ce sujet. Là le conseil communal pourra décider, avec ou sans débat politique, mais surtout de manière crédible. Nous pourrions ainsi commencer par la première question : les caméras permettent-elles de prévenir les crimes ? Repousser n’est pas résoudre, mais c’est se voiler la face, et c’est aussi offrir des solutions faciles à vendre à la population.

Pour conclure, j’estime donc que ladite commission n’a pas pu – ni voulu dans sa majorité –réaliser de manière adéquate son travail d’étude de la question. Je le répète encore, une des raisons principales de son renvoi en commission, lors de la séance du 5 juin dernier, était le besoin de prendre une décision sur des informations concrètes et fiables, non sur la base de déclaration orales et difficiles à appréhender.

Il ne s’agit donc, concernant cette motion, même pas d’un débat d’idées ou d’un débat politique, car l’un comme l’autre nécessiterait de disposer de données fiables. La commission ne peut tout simplement pas se prononcer de manière crédible sans avoir obtenu de la part de la police des données statistiques et concrètes quant à l'efficacité réelle des caméras actuelles.

Je vous invite donc, chers collègues, à refuser la motion telle qu’elle a été étudiée.

Pour le groupe S&E : Yann Mamin
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